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16 décembre 2025

Première lecture au Théâtre de Belleville

Interview avec Hervé Langlois

INTERVIEW – NOVEMBRE 2025

Lecture publique du spectacle « Alcoolique »

**Cette résidence de novembre était une première avec cette équipe artistique. Comment as-tu vécu cette rencontre et ces dix jours de travail ensemble ?**

On ne se connaissait pas du tout dans le travail. Dix jours, c’est court et en même temps suffisant pour expérimenter, essayer, se tromper, changer des choses. On a testé des scènes, on en a abandonné, on a réajusté beaucoup avant la lecture.

Ce qui m’a marqué, c’est le niveau d’exigence et de soin. Rien n’est laissé au hasard. Le texte fonctionne, la musique a tout de suite une vraie allure, et surtout Gwendoline m’a énormément fait travailler sur le phrasé, les silences, les temps. Ce n’est pas du “clown”, ce n’est pas du témoignage brut. C’est vraiment du théâtre.

**Y a-t-il eu un moment précis pendant la résidence où tu as senti que le spectacle commençait à exister pour de vrai ?**

Oui. Le début. Quand je dis : « Je m’appelle Arthur et je suis alcoolique. Je n’ai pas bu d’alcool depuis 29 ans. »

Ça, ça fait boum.

Gwendoline a insisté sur le fait de ne pas aller trop vite, de laisser le public entendre des phrases qu’ils n’ont jamais entendues. « Je suis alcoolique » et « je n’ai pas bu » dans la même phrase, c’est déjà un choc.

Et puis ce moment où je m’arrête, je regarde le public et je dis : « Ça va ? Ça vous intéresse ? »

Ça crée une distance. C’est ça qui a été préféré par le directeur du théâtre. Là, je me suis dit : on tient quelque chose.

C ette lecture à au Théâtre de Belleville.Qu’est-ce que cet accueil a représenté pour toi ?

Énormément. Déjà parce que c’est un vrai théâtre, avec des moyens, des projecteurs, un plateau. Tout de suite, ça change tout.

Mais surtout, c’est un lieu exigeant. Le directeur est venu voir la lecture. Il est arrivé, il a regardé, a apprécie notre travail nous indiquant que nous pourrions venir jouer le projet finalisé chez lui.

C’est une vraie reconnaissance. Ce n’est pas encore un spectacle fini, on le sait tous, mais il a reconnu la démarche, le sérieux, la qualité du travail. C’est très sécurisant et enthousiasmant pour la suite.

**V** **o** **us avez fait le choix de présenter une lecture d’environ trente minutes au Théâtre de Belleville. Pourquoi ce format, et comment cela a-t-il été reçu ?**

C’était un choix très juste. On n’a pas lu une heure. On a choisi certaines scènes, comme un gros teaser. Le public était composé de comédiens, de professionnels du spectacle, de proches, une vingtaine de personnes. Et les retours ont été très forts.

Les gens riaient. La scène avec la philosophe a beaucoup fait rire.

Ce qui est important : on sentait qu’il y avait déjà une vraie promesse.

Beaucoup nous ont dit : « On voudrait en voir plus. »

T uparles souvent de l’équilibre entre rire et émotion. As-tu senti que cet équilibre commençait à se poser ?

Oui, clairement. Et c’était essentiel pour moi. Je ne veux surtout pas de pathos.

On parle d’une maladie grave, progressive, mortelle, mais si c’est uniquement plombant, ça ne marche pas. Là, le rire arrive, puis l’émotion, puis une forme de distance.

Au début, j’étais très ancré, très précis. J’ai senti le public écouter, recevoir. Et ensuite, quand ça bascule vers quelque chose de plus léger, ça respire.

Une autrice m’a dit : « C’est étonnant, surprenant, mais on entend quand même tout. » C’est exactement ce qu’on cherche.

**Après cette résidence et cette lecture, où en est aujourd’hui le projet « Alcoolique » ?**

On est à une très belle étape. Le projet n’est pas terminé, mais il est solide.

On sait qu’on va retravailler en résidence en mars. On va continuer à affiner la structure, la dramaturgie.

L’objectif, pour moi, c’est une création début 2027, avec des premières représentations avant, notamment avec les partenaires de sensibilisation, les associations. Je vise Avignon 2028, mais avec un spectacle déjà rodé, déjà joué.

Aujourd’hui, ce qui est très fort, c’est qu’on sent une vraie légitimité artistique, et en même temps une attente. Les gens ont été touchés. Ils attendent la suite. Et ça, c’est précieux

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